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Récit d’aventure: Rando en Écosse

En juillet dernier, j’ai marché la West Highland Way, sentier qui traverse les Highlands de l’Écosse. J’ai replongé dans mes carnets de voyage pour vous offrir un résumé de l’expérience, et vous encourager à suivre l’appel de la montagne!

Jour 1

Après un court trajet en train depuis Glasgow, je débarque dans le petit village de Milngavie, d’où part la West Highland Way. Déjà, je remarque des signes de la popularité de cette randonnée dans les affiches posées un peu partout pour diriger les randonneurs vers le point de départ officiel du sentier. Une grande respiration, et je m’élance sur le premier des 154 kilomètres que je prévois franchir dans la prochaine semaine.

J’essaie dès le départ d’adopter un bon rythme, même si mon sac me pèse un peu. Il faut dire que même si je suis venue en Écosse principalement pour la randonnée, j’avais surtout prévu faire des trajets d’une seule journée et que « minimalisme » n’était pas le mot d’ordre lorsque j’ai fait mes bagages. C’est en feuilletant mon guide de voyage lors d’une escale à l’aéroport que je suis tombée sur une description du célèbre sentier qui parcourt les Highlands, et le compte Instagram de l’office du tourisme écossais a achevé de me convaincre de tenter l’expérience. C’est beau la modernité!

La première partie de la journée se passe bien, le sentier est facile et les paysages sont charmants. Je m’arrête diner et prend le temps de regarder sur la carte le chemin qui me reste à faire avant d’arriver à l’endroit où j’ai prévu camper. C’est là que je réalise mon erreur. Je me suis embrouillée quelque part en calculant les distances des différentes journées et je me rend compte à cet instant que le camping où j’ai réservé pour la nuit ne se trouve pas à 25km de mon point de départ du matin, mais plutôt à un peu plus de 36km.

Bon, j’évalue mes options. Comme c’est la haute saison touristique en Écosse, il est interdit de camper dans le parc national en dehors des zones prévues et sans permis réservé à l’avance. Les Highlands écossais étant situés bien au nord, le soleil ne se couche que vers 22h et je juge que j’ai assez d’énergie pour me rendre à destination.

L’après-midi passe sans trop de problèmes jusqu’à ce que j’arrive à la première ascension de la journée, vers 17h. Mes jambes sont lourdes, j’avance beaucoup plus lentement qu’au matin. Je pige dans des réserves d’énergie dont j’ignorais l’existence en me demandant à quoi je pensais en m’embarquant dans une aventure pareille. Quand j’arrive finalement au sommet, la vue devant moi répond à cette question en un instant. Le Loch Lomond sillonne paresseusement les montagnes et miroite sous le soleil de fin de journée, m’arrachant quelques larmes au passage (ok des gros sanglots-rires de fatigue et de joie, je vis environ 50 émotions en 5 minutes).

J’arrive finalement au camping vers 23h, je monte ma tente les yeux à moitié fermés et je m’endors instantanément en posant ma tête sur l’oreiller. Grosse première journée.

Jour 2

Réveil difficile. J’ai l’impression qu’on m’a passé sur le corps avec un dix-huit roues, j’ai des bleus sur les hanches à l’endroit où tient mon sac et une cheville enflée. J’ai une petite journée devant moi, ayant marché la moitié de la distance prévue hier, mais je me rends vite compte que je dois adapter mon plan de départ. Une discussion avec des gardes parcs m’apprend l’existence d’un service de transport de bagages, que je parviens à rejoindre par téléphone. L’avantage de passer par un sentier bien connu et très emprunté!

Dès demain, je trainerai donc seulement un sac de jour avec les essentiels : nourriture, trousse de premiers soins, quelques vêtements de rechange et beaucoup d’eau. C’est un petit pli sur mon orgueil de ne pas compléter la randonnée de façon autonome mais je suis convaincue que l’expérience sera beaucoup plus positive ainsi.

Jours 3-4-5

Les Highlands tiennent leurs promesses! Je marche maintenant avec le pas beaucoup plus léger (d’une quarantaine de livres environ) au coeur des montagnes à flancs découverts, des forêts et des vallées. Je n’ai jamais vu autant de tons de verts dans un seul paysage, ni croisé autant de moutons, qui me regardent tous avec une parfaite indifférence. Côté température, je m’en tire plus que bien. J’ai même un coup de soleil sur le bout du nez, alors qu’une dame dans une petite épicerie de village de montagne m’a dit que certains randonneurs « ne voient pas un jour sec de toute leur traversée ».

Je passe mes journées seule avec mes pensées, ça fait beaucoup de bien. Les montagnes sont immenses et apaisantes, je me sens prise d’un calme et d’une sérénité mystérieuse, comme si j’absorbais leur énergie tranquille. Facile de remettre ses soucis en perspective quand on marche au milieu de ces géants. Le soir, je jase avec les autres voyageurs qui viennent des quatre coins de la planète, c’est riche.

Jour 6

Au programme aujourd’hui : Rannoch Moor, la partie la plus sauvage et isolée de la traversée. J’ai enfin droit à ma première vraie journée de climat écossais. C’est gris et maussade, et le marais est tout simplement magnifique dans la brume. Je franchis la barre des 100km trempée et bouffée par les moustiques, le sourire fendu d’une oreille à l’autre devant les nuages qui ont l’air de débouler des montagnes.

Mon arrivée dans le camping douillet de Kinlochleven à la fin de la journée arrive cependant à point. On a beau avoir le meilleur équipement du monde, après 8h à marcher sous la pluie, on est mouillés. Je redécouvre les petits plaisirs de la douche chaude et de la salle de séchage pour les vêtements, parce que les Écossais n’en sont pas à leur première journée humide, et je m’endors doucement au son des gouttes de pluie qui tombent sur la tente.

Jour 7

Le paysage ne se ménage pas pour la dernière journée de la traversée! Les montagnes autour de moi sont de plus en plus imposantes, tout est majestueux. Je passe devant Ben Nevis, le sommet le plus haut du Royaume-Uni, rempli de touristes gros comme des fourmis qui gravissent ce géant.

C’est finalement l’arrivée à Fort William, où mes nouveaux amis rencontrés sur le sentier et moi posons fièrement devant les panneaux qui marquent la fin du trajet. On est épuisés mais tellement contents de ce qu’on a vu, vécu et accompli, et on célèbre le tout ensemble autour d’une bonne Scotch Ale locale.

En résumé

La West Highland Way est un parcours que je recommande chaudement, surtout pour une première expérience de randonnée multi-jour. Elle offre des paysages à couper le souffle dans un environnement pas trop isolé, où c’est facile d’avoir de l’aide au besoin. N’hésitez pas à vous lancer dans l’aventure, et n’ayez pas peur d’adapter vos plans à ce que vous vivez sur le sentier!

Ressources

 

Elisabeth

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