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Cyclotourisme sur la Côte Ouest

Les événements des dernières semaines nous poussent à nous pencher sur la façon dont l’isolement affecte notre quotidien et les gens autour de nous. On sort de notre zone de confort, on repense notre routine, on redéfini même parfois ce que l’on est et ce que l’on aime. Certains aspects de cette nouvelle réalité me font penser à un autre type d’isolement qui m’a profondément marquée.

En 2014, mon copain et moi avons fait notre premier voyage en cyclotourisme. Nous avons parcouru la côte ouest-américaine entre Seattle et la frontière mexicaine. Une expérience qui m’a marquée, qui a en quelque sorte forgé la personne que je suis. Pas une journée ne passe sans que j’y pense. 41 jours ensemble, à deux, avec l’essentiel. À la merci des éléments.

J’y ai appris à ralentir. Parcourir 3000 km à vélo ça prend du temps. Ça donne du temps. Le temps de penser, de discuter, de rire, de bouger, de dormir, de manger, de s’aimer, d’aimer l’autre. Le temps de réapprendre à vivre, simplement. Je m’y sentais complète, heureuse, libre. J’y ai appris que le bonheur se trouve autour de nous, au quotidien. Que nous devons profiter du chemin sur lequel nous sommes au lieu de nous concentrer sur la ligne d’arrivée.

J’y ai appris que la beauté des paysages de notre Terre est à chaque coin de rue. Que j’aime sentir les éléments; les vagues, le vent, la pluie sur ma peau, parfois chaude, parfois froide. Que le chant des oiseaux, le cri des otaries qui résonne sur la falaise, les criquets la nuit me rappellent que je ne suis pas seule. Que j’aime mon corps, qu’il est fort, qu’il est mon fort.

Aujourd’hui, en 2020, me voilà contrainte à ralentir de nouveau. Cela fait maintenant une vingtaine de jours que l’on reste à la maison, ensemble, cette fois-ci à trois, avec l’essentiel. À la merci des événements.

Ça me redonne du temps. Du temps de qualité en famille, d’être maman et de profiter de chaque étape du développement notre fille. De me remettre en forme, de marcher, courir, bouger quotidiennement et du même coup découvrir mon quartier. Le temps de savourer les repas que l’on se cuisine, de renouer avec mon côté créatif, peindre, coudre et même de jardiner.

Bref, ça me donne le temps de réaliser que je suis heureuse, ici, chez moi et surtout, de dire merci d’être en santé, d’être en vie.

Rachel Lapointe

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