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Cyclotourisme sur la Côte Ouest

Le jour où j’ai laissé ma boite prendre la route du tapis hors dimension pour me retrouver avec mon passeport, mes gants de vélo, ma barre tendre et mon jeu de Sushi Go comme seul bagage, j’ai eu l’impression de me jeter dans le vide.

Aventure en cyclotourisme

J’avais voyagé seule comme en groupe, avec mon sac à dos comme en voiture.  J’avais travaillé loin de la maison aussi.  Mais cette journée-là, même si j’étais accompagnée d’une de mes personnes favorites, j’ai ressenti le vertige du voyage pour la première fois. Le sentiment d’euphorie qui nous emballe lors du départ pour l’aventure était cette fois-ci accompagné d’un lourd poids dans l’estomac.

Environ 24h plus tard, après plusieurs heures d’attentes et de vol, après avoir retrouvé nos boites intactes, après un empoisonnement alimentaire et une courte nuit de sommeil, puis après avoir remonté nos vélos et classé nos sac Ziploc dans nos sac Arkel, nous avons finalement enfourché nos lourdes montures et pris la route.

C’est après quelques kilomètres, en roulant à travers la banlieue verdoyante qui nous menait à Seattle que le vertige a disparu pour laisser place au plus grand sentiment de liberté que j’ai jamais expérimenté. Sur un vélo, on a le temps de prendre le temps.  Sur un vélo, on voit tout, on sent tout. Quand on a l’air d’un escargot avec notre maison-vélo, les gens sont plus curieux et plus généreux et les rencontres sont nombreuses et riches.  Lors de ce voyage, sur 3000 km, l’angoisse du départ a laissé place au bonheur de vivre simplement.  

Voici mes principaux conseils pour une aventure réussie :

Se préparer, mais pas trop

On a beau rouler beaucoup, faire du vélo de route ou du vélo de montagne, voyager chargée c’est différent.  L’énergie cinétique s’épuise rapidement, transformant de petits vallons en montagnes. Les kilomètres s’épuisent plus tranquillement, tout comme les réserves d’énergie. Mon conseil, si tu veux bien profiter de ton aventure et avoir la chance de découvrir le coin de pays que tu as choisi, c’est de te préparer, mais pas trop.  Connaitre où tu vas, te mettre des objectifs c’est bien.  Mais donner la place à une journée de congé ou à une journée plus courte ou plus longue, ça peut maximiser le plaisir.  Certaines journées, tu peux rouler 130 km sans problème, le sourire bien accroché, la tête pleine de positif.  Le lendemain, tu pourrais avoir le vent de face, être mouillée de pluie, être tannée.  Je me souviens d’une journée comme ça dans Big Sur, où 35km ont pris toute notre énergie. Mais les meilleures journées sont celles où des inconnus t’invitent à diner ou bien à rester une journée de plus en ville pour te faire découvrir les alentours.  Pour moi, le cyclo, c’est de prendre le temps de découvrir, prendre le temps de dire oui, de rencontrer les gens et de se faire surprendre.

Warmshowers – un associé hors pair

Ma partenaire et moi avons été réticente à Warmshowers au début, mais en embarquant dans la communauté, on a découvert un outil hors pair et fait des rencontres inespérées.  Warmshowers, c’est une plateforme sur laquelle des gens peuvent s’inscrire pour accueillir gratuitement des cyclistes dans leur milieu de vie.  Certains offrent un bout de terrain pour la tente, d’autre leur plancher de salon, leur divan ou même une chambre.  Quand tu t’inscris comme hôte, tu peux sélectionner les offres que tu fais aux cyclistes visiteurs (lit/douche/terrain/accès à une cuisine/lavage/repas…). Comme voyageur, tu peux voir, sur la carte, les différents hôtes disponibles et ce qu’ils offrent. Ainsi, les cyclistes peuvent s’entraider, faire des rencontres et sauver des sous, puis donner au suivant.  La communauté grandit au Québec, mais est déjà très présente et bien établie aux États-Unis, particulièrement à l’ouest du pays.

En espérant que ces quelques conseils vous encourageront à prendre la route!

 

Florence Lacombe

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